27 février 2021

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Dominion, un test super mignon

Dominion, un jeu qui m’a été chaudement recommandé par un ami que je ne nommerais pas, est un jeu de cartes sorti en 2008, et édité en france par filosofia. J’étais un peu dubitatif au départ, surtout sur le fonctionnement du jeu, mais comme on me l’avait décrit comme un jeu de carte « genre Magic: The Gathering mais où tu construis ton deck en même temps que tu joues » j’étais obligé d’essayer.

Dominion
L’objet du délit

Première impression: Ça n’a rien à voir avec Magic: The gathering. Donc peut être un bon point pour ceux qui connaissent et n’aiment pas ce jeu.

Deuxième impression: Ça ressemble beaucoup à Magic: The Gathering. Donc peut être un bon point pour ceux qui connaissent et aiment ce jeu.

Le jeu donc. Ça se joue à 2, 3, ou 4. L’idée est que vous jouez un seigneur/suzerain même si ça n’a pas vraiment d’importance, et devez rassembler un maximum de provinces, duchés et domaines sous votre dominion. (cf: nom du jeu)

Pour ce faire, vous disposez à la base de 7 cartes pièces d’or, et 3 cartes domaines, en tout 10 cartes qui constitueront votre deck de base. Vous piochez 5 d’entre elles, et vous allez les utiliser pour acheter de nouvelles cartes, de valeurs différentes, qui viendront s’ajouter à votre deck. Vous aurez droit à une action et un achat par tour, dans cet ordre. Lorsque votre pioche est vide, vous mélangez votre défausse et l’utilisez comme nouveau deck. Ainsi, les cartes que vous achetez finissent toujours par se retrouver dans votre main pour que vous les jouiez, et on doit du coup jouer entre les priorités: Dois-je acheter des cartes « or » de plus grande valeur pour me permettre des achats plus importants plus tard, ou des cartes actions qui me donneront la possibilité de lancer des combos super efficaces? A quel moment commencer à acheter les cartes de victoire (province, duchés, domaines)? En effet, toutes les cartes que vous achetez ou recevez passent par votre main à un moment ou à un autre. Si vous achetez beaucoup de cartes de victoire, vous risquez de passer certains tours avec une main pleine de cartes qui ne vous procurent aucun avantage direct. A vous donc de gérer vos achats et de surveiller qui fait quoi également. Car la quantité de cartes que l’on peut acheter de chaque est limitée, et si un joueur fait main basse rapidement sur certaines d’entre elles, sa victoire en sera d’autant plus facile qu’elles feront défaut aux autres joueurs.

mana curve
Ce graphique n’a rien à voir avec Dominion, mais voyez à quoi vous échappez si vous ne jouez pas à magic! Dans magic ce genre de graphique est indispensable, dans dominion, on connait pas!

La partie se finit lorsque la pile de province est épuisée, ou que 3 autres piles quelconques le sont. Il faut donc essayer de compter où en sont les autres joueurs, pour essayer de les prendre de vitesse avant qu’ils n’aient constitué leur dominion, et lorsque déjà 2 tas de cartes sont épuisés, faire très attention où en sont les autres! Le tas de malédictions est souvent oublié, mais il compte également! Le jour où vous l’oublierez et la partie se soldera par votre défaite, tapez du poing sur la table et dites: « Malédiction! » pour au moins en rigoler.

Les différentes extensions, avec des noms comme « Intrigues » ou « Rivages » ajoutent de nouvelles cartes, et de nouveaux principes de jeux, un peu à la façon de Magic: The gathering justement. Cependant il faut bien garder à l’esprit que seulement 10 d’entre elles sont jouables à chaque partie (elles sont soit décidées, soit tirées aléatoirement) ce qui fait que même avec le jeu de base, on peut se trouver entre 2 parties avec des cartes disponibles totalement différentes. Je conseille cela dit un peu de retenue sur la partie « tirage totalement aléatoire des cartes » car certaines combinaisons sont assez improductives. Si vous ne disposez pas d’accélérateurs comme le village, le marché, le festival, la salle du trône, et pas de douves non plus, vous allez vous retrouver avec des parties très lentes, dont on ne voit pas le bout. Il arrive même parfois que la partie se finisse avec des scores négatifs, dans ce genre de cas! Attention, donc, à ne pas ruiner le fun du jeu ainsi. Alors si en plus vous ajoutez les extensions, la rejouabilité est extrême, mais vous pouvez arriver sur des pools de cartes super jouables et intéressantes, ou bien sur des parties à rallonge où tout le monde s’endort autour de la table. Sous certains aspects le jeu est plus complet qu’un jeu de magic, de part le fait que dans dominion, toutes les cartes seront jouables en fonction des parties, alors que plus il y a de cartes disponibles à magic, moins on en joue de différentes, et les parties peuvent se ressembler du moment que 2 joueurs ont des decks compétitifs dans le même format.

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L’avantage de dominion c’est aussi peut être qu’il n’y a pas autant de cartes entre lesquelles choisir!

Du coup, le jeu est au final plutôt intéressant, et pour le coup, pas besoin des extensions pour avoir une très bonne rejouabilité. Les parties peuvent être assez longues, tout dépend des cartes que l’on a, mais la réflexion et la stratégie sont de rigueur pour s’en sortir. Avoir quelques notions de deckbuilding peut aider également, ce qui fait de ce jeu une bonne passerelle entre les jeux de société classiques, et les jeux de cartes à collectionner dont les règles et les schémas de pensée sont plus complexes au premier abord. Un bon investissement donc, si vous cherchez un jeu durable sur lequel vous pourrez passer de longues soirées à triturer vos méninges.

Une version gratuite en ligne est disponible ici, qui ne nécessite que de s’inscrire pour jouer à la version de base. C’est en Anglais ceci dit, alors si la langue de Shakespeare vous abhorre, vous devrez passer par l’achat d’une boite!

Bon jeu!

Dominion – Filosofia

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