
Salut à tous ! Me revoici pour une revue ultrasubjective de l’édition 2026 du Festival International des Jeux de Cannes. Un rendez-vous que nous attendons toujours avec autant d’impatience avec notre petite équipe. Au-delà des découvertes de nouveautés, cela reste une bulle intense de chouettes moments entre amis autour d’une passion commune. On se sentirai presque un peu à la maison avec les années !
Comme je l’avais déjà ressenti l’année dernière, du fait d’une intense vie ludique au cours de l’année, j’arrive à Cannes avec peu d’attente. Ma ludothèque se stabilise petit à petit et mon objectif reste de ne pas acheter de jeux qui ne feront que dormir. Il y a déjà tellement de bons jeux à approfondir que je reste à présent très prudent pour faire rentrer un nouveau titre.
Mais c’est aussi en pensant à l’association de jeux dont je fait partie que j’ai parcouru les allées à la recherche des quelques nouveautés venant remplacer des titres qui ont pris la poussière sur nos étagères.
Deux motivations qui d’ailleurs m’ont poussé à me positionner très peu sur des jeux experts, qui sont en général très chronophages.
Une année Richard Garfield
Le célèbre auteur de jeux et notamment du mastodonte Magic est très prolifique actuellement avec de nombreuses sorties signées de sa patte. Des titres qui pour certains sont dans la continuité de son univers, et d’autres dont on aurai eu peine à le deviner aux commandes.
Skyrift : un nouveau duel de cartes
Lors du festival j’ai pu découvrir Skyrift qui y était présenté. Les tables semblaient pleines du début à la fin. On retrouve un jeu d’affrontement deux joueurs relativement classique. Ici, vous placez des cartes devant vous et dès que vous dépassez la force de votre adversaire c’est immédiatement à lui de jouer. Ceci jusqu’à ce que l’un des deux concède la défaite.
Il faut arriver à six points de victoires en plusieurs manches. Une manche, un point. Mais attention, à l’image du backgammon pour ceux qui connaissent, les joueurs peuvent se défier avec des effets de cartes pour augmenter l’enjeu d’une manche. Dans Skyrift, un des twists du jeu est de savoir quand concéder une manche au bon moment. En effet, vous garder vos cartes pour la manche suivante qui sera peut-être plus avantageuse.
Plusieurs factions avec deck préconstruits sont dans la boite et proposent des façons de jouer différentes.

Bunny Kingdom Town
Autant j’étais prévenu de la présence de Skyrift sur le festival, autant ce fût une des belles surprises du premier jour lorsque nous sommes passé devant le showroom de Iello et que j’ai vu une grande banderole annonçant Bunny Kingdom Town. Mais pour expliquer cette joie inattendue, cela demande un petit flashback.
Bunny Kingdom c’est à la base un jeu de 2 à 4 joueurs, sortie en 2017 dans un univers tout mignon dans lequel vous tentez de construire des fiefs les plus étendus tout en respectant une diversité de ressources. Un jeu familial mais qui met en avant la mécanique du draft puisqu’en gros on ne fait quasiment que cela. Les cartes représentants les différentes cases du plateau. Et perso j’adore !! On score nos fiefs à la fin de chacune des 4 manches, et un twist final comptabilise tout les objectifs cachés qu’on a chopé au cours de la partie, ce qui peu faire une sacrée addition de carottes (et oui, ce sont des lapins. Donc on score en carottes…. C’est thématique quoi… bref).
Et paf, voici Bunny Kingdom Town, une version revisitée en mode 2 joueurs. Globalement même principe, même si ici ce sera sur un terrain plus petit, et un draft de tuiles plutôt que de cartes. Mais on retrouve le même objectif. De petits ajouts viennent le rendre tout de même assez stratégique tout en maintenant cette impression de légèreté. Il s’inscrit parfaitement dans cette tendance des jeux à deux, venant proposer un jeu fun avec un peu de stratégie et également très beau. Le travail d’édition est très chouette, pour un prix tout à fait abordable au regard du matériel. Les festivaliers ne s’y sont pas trompé et ont fait la queue tout le festival, avec rupture de stock des boites proposées lors du week end, avant la sortie du titre en juin. Vous pensez bien que j’ai foncé sur une des dernières carottes restantes !

Athlètes de compète
Pour presque terminer sur cette année Richard, on est tombé sur l’ovni qui a bien buzzé : Athlètes de compète ! Un jeu de l’oie. Oui mesdames et messieurs, en 2026, par Richard Garfield, et dans une DA sous LSD. Chacun a un personnage bien barré avec un pouvoir. Ils se déclenchent dans tous les sens. C’est le bordel et c’est pour ça que c’est fait. Allez y voir, faut avouer que c’est très drôle.

2026 : quand le jury a fait le taf à ta place
En cette 39ème édition du FIJ (et oui on voit ce qui se prépare pour l’année prochaine !), je n’ai jamais autant eu le sentiment que le jury a fait le taf. Pour ne parler principalement que des six jeux nommés dans les catégories “tout public” et “initiés”, ils me semblent avoir toute leur place, et nous avons grand plaisir à les découvrir ou redécouvrir au cours du festival. L’As d’Or renforce sa renommée en sélectionnant des jeux de qualité, qui s’installeront dans la durée et qui font preuve d’originalité.
Je mettrai la lumière sur 3 trois d’entre eux.
Zenith : nous l’avions déjà testé l’année dernière et l’avions présenté dans nos revues 2025, mais force est de reconnaître qu’il s’impose déjà comme un jeu culte. Personnellement, j’aime beaucoup la version 4 joueurs. Il y a une vrai profondeur stratégique et la sensation de tension au cours de la partie est très chouette. C’est nerveux, pas trop lourd tout en étant stratégique, et l’originalité du « tire à la corde » est ici très bien maitrisée. Quoi demander de plus ! Un article dédié et plus développé est à venir.
Toy Battle : j’ai eu l’occasion d’organiser des petits tournois de ce jeu si efficace. Alors oui c’est un deux joueurs qui emporte l’As d’Or cette année, mais quoi de plus normal au regard de l’offre tout bonnement prolifique qui se dresse à présent dans le monde du jeu. Avec son design enfantin et sa mécanique redoutable d’accessibilité, Toy Battle a réussi à détrôner Flip 7, jeu le plus vendu (haut la main) cette année. J’avoue être particulièrement heureux de ce choix du jury, qui a pu faire un pas de côté par rapport aux précédentes années où l’on privilégiait l’accès au plus grand public possible avec le minimum de densité de règles.
Rebirth : ce jeu avait été assez attendu à sa sortie en novembre et je m’étais sans doute fait avoir par cette hype qui m’avait rendu ma première partie légèrement décevante. Mais quelle joie d’y être retourné ! Avec l’équipe, on a rarement connu une telle sensation de fluidité lors d’une partie. Quasiment zéro temps d’attente, permis notamment par le fait de n’avoir pas de choix sur la seule tuile que vous avez à placer sur le plateau lors de votre tour.
Ce jeu de conquête de territoire et de majorité est un condensé du genre redoutablement efficace. Tout en vous assurant la prise de château et la constitution de fermes étendues, vous glanez des objectifs personnels qui modifieront progressivement vos buts.
C’est effectivement relativement reposant de n’avoir pas mille choix possibles et certains seront frustrés de ne pouvoir planifier un minimum. Mais cela permet ce rythme et cette tension très jouissifs.


Cérémonie As d’Or: une belle surprise !
Avant de poursuivre sur les découvertes de cette année, petit détour par la cérémonie des As d’Or qui se tient toujours le jeudi soir. Mon flair ne m’a pas trompé lorsque nous avons découvert un piano à queue sur la scène à notre arrivée. C’est bel et bien Vincent Dedienne qui a déboulé en chanson pour non seulement ouvrir mais aussi animer l’ensemble de la cérémonie. Et ce fût du Dedienne survitaminé, avec ce ton à la fois piquant et plein d’humanité lui permettant de dire tout haut ce qu’on tait la plupart du temps. Le vrai sale gosse qu’on adore !
En tout cas merci à lui pour cette mise en lumière du jeu de société et son implication sincère dans ce milieu. En le croisant dans le festival on pourrait le confondre avec un professionnel du jeu !
Il a annoncé en revanche que cela sera sa dernière année dans le jury.
Je ne reviens pas sur le détail des prix, davantage développé par mes acolytes. Peu de place cette année à la polémique au niveau des nommés comme des gagnants tant ils emportent l’engouement. Les émotions des lauréats étaient palpables et les discours reflétaient bien l’aventure dense et longue pour aboutir à un titre abouti.
Des petites trouvailles ici ou là
Voici en bref quelques unes des petites trouvailles que j’ai pu faire lors de ce Fij.
Moon Colony : Bloodbath
Sans doute la sensation la plus originale et aboutie de ce Fij en terme de pure découverte. Je reviendrais en détail dans un article sur la présentation du jeu. Dans un univers cartoonesque et de science fiction des années 80 très bien dessiné, chaque joueur tente de préserver sa colonie lunaire d’évènements de plus en plus indésirables. Spoiler : ils n’y arriveront pas ! Le jeu propose une construction de moteur pour développer sa colonie tout en sachant qu’elle ne pourra résister indéfiniment aux assauts des martiens, robots ou autres avaries. Un deck commun est agrémenté de ces évènements qui vont donc se répéter ainsi que des quelques avantages personnels que vous y aurez ajoutés. Déclenchement de fin partie : le premier à péricliter ! C’est rythmé, très fun, la sensation est originale dans un format bien maitrisé.

Les secrets de Warden Keene
Petit ovni qui a bien buzzé lors du festival, Les secrets de Warden Keene entend renouveler le jeu d’énigme en lui insufflant un boost d’originalité et de dimension narrative. Deux éléments suffisent à démarrer cette aventure : un tapis représentant un cimetière composée de 4 rangées de 9 stèles, ainsi qu’un livret narratif. Zéro règle à lire, tout vous sera expliqué par le narrateur, à savoir le gardien du cimetière. C’est de l’énigme, donc observation et déduction seront les maitres mots pour parvenir au terme des 11 épisodes venant déterrer les secrets des résidents du cimetière de Spoon River !
Ici pas de scoring, juste le plaisir de l’aventure!

Bug Run
C’est en sortant du cimetière de chez Bombyx que je suis tombé par hasard sur Bug Run. Une sorte de Donjon Crawling retravaillé pour le rendre familial et compétitif. Vous incarnez ici des petits insectes qui ont été enfermés au 4ème sous sol d’une galerie par de vilains animaux et qui tentent de s’échapper. Chaque manche représente la montée d’un niveau en parcourant différentes salles qui seront l’occasion de combattre nos ennemis mais aussi de réaliser de petits défis permettant l’accumulation de trésors, d’équipement ou de points de victoire. Si le jeu est compétitif, les plus malins sauront tirer parti de leurs adversaires qui auront préalablement affaiblis des ennemis afin de terminer le travail et empocher les meilleures récompenses.
Au début de chaque niveau, l’or peut être dépensé pour s’équiper ce qui permet une montée en puissance progressive et il sera aussi l’occasion de mesurer nos forces autour de petites bagarres.
J’ai bien apprécié le twist final avec une sorte de petit labyrinthe à niveau, qui permet un dernier scoring selon les ressources qu’on a su garder jusqu’ici.
Avec son air enfantin, Bug Run donne toutes les sensations d’une mini-aventure sur fond de jeu d’ambiances et permettant de jouer jusqu’à six joueurs. On lui reprochera peut être une légère longueur pour sa catégorie.

Les Caprices du Roi
Petit jeu de carte de 2 à 5 joueurs pour des parties d’environ 20 mn, il s’agit ici de constituer la meilleures mains de 7 cartes au fils des 6 manches. Vos cartes représentent des conseillers du rois avec une valeur et un effet. Votre scoring dépendra de la façon dont vous aurez rempli les 6 objectifs – 2 fixes à toutes les parties – et 4 autres représentant les caprices du rois que vous ne découvrirez qu’au fur et à mesure des manches et qui peuvent éventuellement se contredire les uns les autres. C’est fluide et effiace, de quoi commencer ou terminer vos soirées par un petit défi royal.

Whirly Dirby
Bon là on est dans de la pure bêtise mais quand on a gardé son âme d’enfant, ça ne peut que nous emporter. Whirly Dirby est une course de bille totalement anarchique mais qui n’en est que plus drôle. Une petite machine métallique en entonnoir dans laquelle on jettera toutes les billes mises en jeu par les participants provoque une course en spirale des billes. La première arrivée est celle qui tombe dans le trou central et on obtient l’ordre d’arrivée dans une rigole situé en fin de piste. Les vainqueurs obtiennent des cartes récompenses à collectionner et le dernier a le droit de récupérer une bille. Car oui, attention à ne pas être trop dépensier au risque de ne pas pouvoir participer aux dernières manches. L’effet hypnotique des billes qui tournent est désespérément efficace. C’est Gigamic qui a obtenu la timbale en ayant été choisi pour adapter le jeu au marché français, pour une sortie prévue en fin d’année.

Vermines
Vermines est un jeu d’un petit éditeur nantais qui avait sorti une première édition du jeu après une campagne participative en 2021, et qui devant le petit tirage et les très bons retours, va être réédité après une revue notamment de l’équilibrage du jeu.
Vermines c’est un jeu de deckbulding relativement cruel dans lequel vous recruter des bestioles partisanes pour momentanément profiter de leur effets soit en les conservant dans votre deck ou bien en les exposants pour leur effet passif. Mais à vous de déterminer le meilleur moment de les sacrifier pour scorer les âmes qu’elles vous rapportent.
Avec l’équipe on a beaucoup aimé l’aspect compact de ce deckbulding malin dans lequel le timing a son importance. On regrette en revanche un manque d’interactivité. On surveillera la sortie de la nouvelle version !

Des pitchs à suivre
Pour ceux qui suivent nos aventures, vous savez mon goût pour les jeux qui font le maximum de place aux aspects narratifs. Les jeux d’enquête sont la catégorie reine mais il n’y a pas que cela. On a déjà évoqué Warden Keene plus haut.
Voici deux autres sorties à venir que nous n’avons pas pu tester sur le festival mais que je suivrai de mon côté.
Dans un premier temps, un jeu d’enquête qui tire sur la murder party : My Murder Mystery. La promesse est de pouvoir vivre une sensation de murder party sans maitre du jeu et relativement accessible. La DA est très alléchante. A chacun de mener l’enquête tout en préservant les secrets lié à vôtre rôle !
Egalement, une expérience bien plus approfondie avec jeu solo d’aventure : Storyflold, Bois Sauvage. Un jeu dans lequel chacun de vos choix influenceront la suite. De nombreuses heures de jeu et une DA à couper le souffle. Le système m’a pas un peu fait penser à Eila, l’éclat de la montagne mais en plus poussé. Surtout, aucune règle à lire, l’auteur semble tout autant prêter attention à la qualité de l’histoire qu’à l’érgonomie de jeu. Affaire à suivre !


Suivis et extension
Comme j’aime le faire chaque année, je mets ici en avant la suites des aventures des jeux que j’ai appréciés
Cartaventura : Mexico et Cartaventura : Exils
Pour faire suite à la dimension narrative des jeux, la série Cartaventura continue de faire des petits. Après Mexico cette année, c’est un nouveau format en partenariat avec la Ligue de Droits de l’Homme qui est présenté à Cannes. Sur le thème des migrants, les auteurs se sont autant attaché aux apports pédagogiques qu’à l’écologie du jeu avec un choix de fabrication particulièrement soigné de ce point de vue. J’aurais pour ma part un premier petit bémol au niveau illustration. Domaine qui reste globalement chouette mais qui mériterait peut être un léger renouvellement. Mais pas de quoi m’empêcher de compléter ma collection.

Star realms Rise of Empire
Grosse annonce chez Iello avec la sortie prochaine d’une version Legacy de Star Realms, ce jeu culte d’affrontement deux joueurs qui a fait découvrir à beaucoup le deckbulding (quand ça n’est pas par Dominion). J’avoue pour ma part être très excité par cette sortie dont nous n’avons pas vraiment eu beaucoup de détails lors de notre passage. Une campagne en douze parties permettant une montée en niveau et des améliorations venant modifier la suite des aventures. J’ai trop hâte !
Akropolis Pantheon
Le succès d’Akropolis ne s’est pas démenti avec le temps et ses extensions ne font que renforcer la place de ce titre dans nos ludothèques. Après Athéna qui venait ajouter un poil d’enjeu stratégique à la version de base qui risquait de ronronner, Panthéon ajoute une version coopérative. Là où l’on pourrait se dire que certaines gammes tire sur la corde, j’ai trouvé cette extension très amusante et bien construite. Les joueurs devront construire une cité commune la plus florissante, mais pour valider les tuiles à étoiles multiplicatrices, ils devront réaliser une série de défis dans leur propre cité.
Différents scénarios existent avec une progression de difficulté.

Clank! Catacombes : Les Enfers
Là encore, cette annonce demande un petit, voir un gros flashback. Bien que Clank! soit un jeu amplement reconnu et qui conserve son statut au travers des années, il est étonnant de constater qu’il n’a pas toujours la reconnaissance et la visibilité qu’il mérite. Bon, je suis sans doute de parti pris puisqu’il est un des jeux les plus joués dans l’asso où je joue et j’ai déjà réalisé les deux campagnes legacy qui existent. Pour ceux qui ne l’aurait donc pas vu passer, Clank! est un jeu compétitif d’exploration de souterrains à la recherche d’artefact et d’or. Son originalité est de croiser très habilement le deckbuilding sur un jeu de plateau dans une gamme relativement légère. Le jeu est abordable en famille mais il reste très apprécié des joueurs. Les cartes sont simples dans leurs effets (se déplacer, tuer, acheter), et l’on ajoute une sensation de course puisque Clank! c’est le bruit que l’on fait en se déplacant et qui réveille un dragon pouvant tout à fait nous tuer avant que nous soyons remonté à l’air libre avec notre trésor. Les premiers sortis accélèreront la fin de partie.
La gamme Catacombes est venu apporter de la fraicheur à ce jeu notamment à l’aide de son plateau modulaire qui permet une rejouabilité accrue.
Ici c’est la seconde extension de Catacombes qu’Origames présentait lors du Fij, Les Enfers. De nombreuses couches sont ajoutées avec notamment des lieux spécifiques pour bénéficier de bonus passifs ou pour recruter des diablotins. Il y a également une autre façon de purifier son deck. Tout cela dans une thématique des Enfers de la mythologie grecque dans laquelle les harpies et Cerbère ne sont jamais loin.
Petit conseil personnel pour entrer dans Clank! : d’abord une partie ou deux du jeu base pour avoir la sensation des souterrains, puis aller directement à Catacombes qui permet davantage de rejouabilité. Et pour ceux qui aime, si le legacy vous fait de l’oeil, l’hésitation est déplacée, foncez ! (Sans faire de bruit….. Tiens, c’est peut être pour ça qu’on en entend pas assez parlé… A méditer…).
Mindbug : la magie continue !
N’ayant jamais pris le train Magic, j’ai pour ma part flashé ces dernières années pour Mindbug que je plébiscite toujours avec autant d’énergie. Ce titre continue de faire ses petits avec pour dernières versions le petit paquet additionnel Tag Team qui permet de jouer plus spécifiquement à quatre joueurs. Mais aussi une édition crossover Mindbug VS King of Tokyo. Du Richard Garfiled au carré en somme ! Même si l’on dira que cela peut rajouter du chaos à un jeu qui n’en manque pas, j’aime personnellement beaucoup ce qu’ils ont réussi à en faire et je trouve l’idée très chouette de Iello d’être parti dans cette bêtise qui n’était qu’une blague au départ. Sachez d’ailleurs qu’ils ont aussi réalisé le crossover dans l’autre sens avec une édition de King of Tokyo spécial Mindbug.
Bon, j’avoue, tout cela n’était pas spécialement présenté au FIJ mais il fallait que j’en parle, me voilà soulagé.

Un jour sans fin…. dans un train
Se rendre sur le stand de Rose Noire éditions pour prendre des nouvelles du train le plus froid et le plus long du monde, va presque devenir une forme de rituel du Fij. On arrive, on dit bonjour, on demande ce qui se passe et dans quelle gare il est encore coincé, on nous répond que ça y est, il est tout près et qu’on va pouvoir monter dedans, et hop, c’est le jour de la marmotte.
Bon, trêve d’humour noir, ne gardons que les roses. Malgré une communication questionnante, on continue de croisez les doigts pour que le Transperceneige arrive enfin à destination pour les backers de la campagne Kickstarter.
On a pu refaire un petit tronçon de partie et il continue de susciter l’envie d’aller au bout notamment pour cette sensation de négociation permanente entre les différentes classes sociales du train provoquée par leur interdépendance.
Impressions globales et à-côtés du FIJ
Au-délà des découvertes, le FIJ reste un moment hors du temps à partager entre amis, passionnés et professionnels. L’organisation reste globalement très chouette avec même une sensation de meilleure fluidité cette année. Petit bémol sur la journée pro du mercredi où l’on a pu avoir accès à l’ensemble du site mais pour finalement accroitre une dimension plus professionnelle.
Le soleil de Cannes nous a accompagnés une nouvelle fois toute la semaine. Le Fij, c’est un peu la fin de l’hiver !
Suivre l’évolution du jeu de société au travers notamment de cet évènement reste un grand plaisir.
Effectivement, j’ai eu pour ma part un petit manque de découvertes plus originales cette année avec beaucoup de jeux qui m’ont semblé être des redites. Encore une fois, on ne peut constamment inventer de nouvelles mécaniques et ma sensation est sans doute dû à une intense vie de joueur au cours de l’année. Je pense aussi que la très grande qualité de la production des 20 dernières années se fait peut-être sentir.
En tant que joueur, je reste pour ma part sur ma lancée de l’année dernière, à savoir de continuer à valoriser et faire vivre les jeux que j’aime. Il y a aussi tant de jeux déjà sortie qui me font de l’oeil.
A l’image du festival Lumière à Lyon qui honore les films cultes des décennies précédentes, je peux trouver intéressant qu’on puisse faire co-exister la nouveauté avec l’ancien dans un certain équilibre. A quoi bon inventer toujours plus de jeux pour les empiler et ne pas aller au bout de leur potentiel. Bref, tout un débat, mais voilà mon petit chemin de joueur.
Je termine par le fait de vous recommander chaudement la lecture de l’interview à venir de Nathalie Zakarian, membre du jury de l’As d’Or mais aussi gestionnaire du bar à jeu le plus ancien de France « Moi je m’en fout je triche », situé comme par hasard… à Lyon ! Une rencontre riche qui nous a permis de plonger en détail dans le travail du jury tout au long de l’année, et ainsi de déblayer certains fantasmes de joueurs sur la façon dont les délibérations se mènent. Elle est également fondatrice du réseau des cafés ludiques. J’ai beaucoup apprécié sa focalisation sur l’expérience réelle des joueurs à table en tant que premier critère de la qualité d’un jeu !
Voilà pour les éléments essentiels de cette édition 2026. Le voyage a déjà commencé pour le prochain jury vers ce point d’orgue que constituera la 40ème édition !





















