Bonjour et bonsoir à toutes et tous, nous sommes en mars 2026 et qui dit début mars dit annuellement retour des impressions sur le Festival International des jeux de Cannes 2026 qui s’est tenu du mercredi 25 février au dimanche 1er mars. Comme maintenant depuis 8 ans, nous avons arpenté le festival afin de vous faire part de notre ressenti sur le monde du jeu en général, mais aussi vous faire découvrir les jeux de société de demain.
Cette année a été marqué par un tournant majeur de l’organisation du festival. En effet, la journée du mercredi dédiée aux professionnels portait vraiment son nom. Un « choix » de l’organisation du festival de fermer le bâtiment central pour finir l’installation du festival ce jour-là (plus de 50% des stands n’étaient pas encore montés ce jour-là). Et donc de favoriser le passage des professionnels du jeu (boutique, association, revendeur, presse, auteurs…) au sein des stands professionnels afin de découvrir les sorties 2026 en avant-première. Malgré le peu de retour sur les demandes de rendez-vous envoyés en fin d’année nous avons quand même pu accéder à la presque totalité des stands professionnels hormis celui d’Asmodée, autoproclamé Roi du Festival avec un étage entier du festival dédié à ses filiales et la devanture du palais des festivals aux couleurs de l’omnipotent éditeur.
Qu’à cela ne tienne, nous avons eu la chance de découvrir au sein des différents éditeurs de nombreux jeux qui sortiront sur l’année. Une constante à souligner, l’accueil exceptionnel que nous avons reçu des stands qui ont bien voulu de nous, la bienveillance des exposants et des présentateurs. Là où la journée du mercredi était pour nous symbole de tests acharnés avant de voir arriver les visiteurs tout public à partir du vendredi notamment, cette journée nous a permis de rencontrer de supers professionnels, de tisser des liens, de prendre des contacts. Nous avons donc eu les pitchs de nombreux jeux à venir et je vous détaillerais tout cela dans un article futur. On parlera notamment des nouveautés chez Lucky Duck Games, Origames, Matagot–PTS, Iello… Nous avons aussi pu profiter d’une ambiance décontractée tout au long de la journée, ce qui faisait un bien fou.




Cela nous a permis aussi de dégager certaines tendance pour les années à venir niveau jeu de société. Et ce qui est assez surprenant c’est que les éditeurs prennent des chemins différents voir carrément opposés. Par exemple, Lucky Duck Games se tourne davantage vers les jeux traditionnels tout en conservant certains jeux plus innovants, plus prise de risque ; là où Iello démarchera plus des jeux sortant de l’ordinaire et délaissant les jeux plus tradi. Il n’y a pas de règles finalement sur ce qui va sortir plus tard et c’est tant mieux. On note aussi un virage qui s’amorce avec un ralentissement du nombre de jeux de sociétés à sortir à l’année dans un monde où les coûts de livraison, d’exploitation et les droits de douane ont explosé. Moins de jeux mais plus de qualité ? C’est ce que l’on espère.
Car on peut dire cette année qu’elle ne brille pas par ses pépites ludiques qui sortent clairement du lot mais par contre on a un niveau relativement homogène mais de qualité des jeux proposés sur ce salon. Plusieurs facteurs peut-être à cela : dans un contexte économique toujours aussi tendus, les prises de risques sont plus rares et dons on va privilégier davantage les valeurs sûres au risque de ne pas marquer tant les esprits que cela. Un autre facteur pour expliquer cela est peut-être aussi notre expérience niveau jeu de société au sein de l’équipe Gameovert.net. En effet à force de tester énormément de jeu avec des mécaniques différentes, nous avons finalement plus de mal à être surpris et avons peut-être aussi des standards un peu haut pour nous surprendre. N’empêche que nous avons passé un excellent moment au sein du festival durant ces 5 jours pleins, à jouer, à découvrir, à rire, avec sa dose de sel aussi !
Ce fût également le festival des rencontres et des retrouvailles. Nous avons partagé de super moments avec des auteurs de jeux afin de tester leur création, ainsi qu’avec les animateurs des différents stands qui présentaient avec passion les jeux présents ou futurs de leur éditeur. Les retrouvailles aussi avec certaines personnes, notamment Olivier Sanfilippo l’auteur et illustrateur de l’empire des Cerisiers paru chez Arkhane Asylum Publishing, le stand PlayPunk, Joël et Alain Kauffmann, créateurs de Symphony of Gods…
Petit point aussi sur l’organisation générale du festival. Malgré la « surprise » du mercredi qui a étonné plus d’une personne, professionnel ou exposant d’ailleurs dont certains n’étaient pas au courant de la fermeture des étages principaux et qui avaient pourtant fait venir des animateurs pour l’occasion, ce festival a été relativement fluide. Et si on oublie les ruées des personnes à 9h tel un premier jour de soldes pour s’attribuer une tables de jeux, la circulation était agréable dans les allées ainsi qu’à l’extérieur. Point très positif de l’aménagement de la terrasse depuis 2 ans maintenant avec food truck, transat à côté de la rotonde. Un seul petit couac de jauge à l’étage inférieur qui a vu plusieurs personnes bloquées à l’étage supérieur le samedi après-midi pendant une dizaine de minute mais sinon les entrées ce sont fait relativement facilement. Dernier point concernant l’organisation générale du festivale, c’est la présence plus que réduite du pôle JDR cette année avec seulement quelques stands dédiés au -1 notamment celui du GRAAL qui proposait des parties d’initiation ainsi qu’un triathlon du jeu de rôle pendant le festival.



C’est donc dans ce contexte que notre périple cannois débute le mardi soir après un voyage en train qui nous aura vu, DuponT, Tournesol et moi, préparer notre plan de bataille et notre organisation pour les prochains jours mais aussi de finir notre partie de The Crew mise en pause l’année dernière à la même période (quelle satisfaction de finir toute les missions d’ailleurs !). Le temps d’un bol de ramen le soir même et nous étions prêt à rentrer dans ce festival. Après récupération des accréditations le mercredi matin, nous nous sommes ensuite introduits dans le festival où comme dis avant nous avons eu la mauvaise surprise de voir que les étages -1 ainsi que les rotondes Riviera et Lérins. Qu’à cela ne tiennent, nous nous sommes dirigées vers le stand Néoludis qui regroupe plusieurs éditeurs comme Lucky Duck Games, Origames, Explor8, Super Meeple…
Ainsi nous avons testé notre premier jeu du festival, Frosted Blooms, un jeu de Bruno Cathala et Ludovic Maublanc, illustré par Simon-Pierre Bernard et édité chez Synapse Games. Dans ce jeu, il va falloir créer le plus beau champs de tulipes. Pour cela, à son tour, nous allons récupérer un polyomino afin de le placer sur son champs, de telle sorte à faire correspondre les tulipes entre elles pour marquer un maximum de point en jouant une carte de sa main. L’agencement sera aussi primordial et les espaces libres que nous laisserons (et il faudra en laisser) permettra de placer soit un fermier pour un espace de 1/1, soit une ferme pour un espace de 2/1 soit un moulin pour un espace de 2/2. Plus l’espace est grand plus nous marquerons de point en fin de partie. L’agencement astucieux des polyominos permettra aussi de réaliser des objectifs définis en début de parties. Un joli jeu original qui mêle plusieurs mécaniques, avec un matériel de qualité.


Suite à cela, mes compères m’ont délaissé pour une partie de Skyrift, le dernier jeu de cartes d’affrontement du père de Magic Richard Garfield, et il me semble que Tournesol vous en touchera 2 mots dans son article. De mon côté je me lançais dans une partie de Mythologies, jeu de Maxime Babad et Mickaël « Froh » Garcin, illustré par Arthur Boccard et édité chez Super Meeple. Dans ce jeu, et comme son nom l’indique, nous allons devoir recruter des créatures ainsi que des divinités de divers panthéons (4 par partie sur les 8 existants) pour créer son tableau mythologique. A chaque tour, nous allons avoir un panthéon sur les 4 qui nous est attribué et nous devrons choisir si nous prenons une carte dans celui-ci ou non. Ainsi de suite jusqu’à avoir obtenu 2 cartes sur la manche. Ensuite nous devrons placer cette carte sur notre mythologie, soit sur le plan terrestre, soit sur le le plan astral, soit sur le plan infernal. Chaque carte à des affinités particulières et des effets qui lui sont propres et rapporte plus ou moins de points selon où elles sont placées. Nous faisons ainsi 4 manches avec des objectifs intermédiaires aux manches 3 et 4 et celui qui à la plus de point en fin de partie l’emporte. La mécanique de draft est sympa, j’ai passé un plutôt bon moment et le fait de pouvoir mixer les mythologies apporte une bonne rejouabilité.


Nous avons ensuite passé un moment avec Guillaume Poueys de Lucky Duck Games qui nous a présenté les nouveautés à venir pour l’année, mais cela fera l’objet d’un article complet ultérieur.
Après une bonne pause repas, nous sommes passé un stand pro Ravensburger où nous avons testé le jeu Level Up’, réédition du jeu d’il y a quelques années. Dans ce jeu il va falloir, comme au Rami, effectué des combinaisons de cartes afin de les posées devant soi. Les combinaisons sont définis par les cartes objectifs que nous avons, d’abord le niveau 1, puis le niveau 2… jusqu’au niveau 8. Une mécanique assez simpliste mais ce qui fait sa force, ce sont les magnifiques illustrations de Franck Dion en format cartes de tarots. Un jeu qui se veut donc plus beau que bon mais qui ravira sans doute les amoureux de jeu de cartes traditionnel et amateurs de bel objet.

Nous sommes ensuite allé faire un tour du côté de Blackrock Games, qui à l’entrée de son stand présentait une de ses nouveautés, les cubes Sashibos. Ce sont des cubes magnétiques qui à l’instar du Rubik’s cube, va devoir être manipuler afin de réaliser des figures (1 parmi 70). Un concours de vitesse était organiser et malgré notre bon vouloir nous ne nous sommes même pas approcher des meilleurs temps. Cependant, chaque test permettait de faire tourner la roue à goodies et ce fût finalement notre rendez-vous quotidien en tentant d’expérimenter des formes différentes.

Après un tour rapide du stand, nous sommes allés sur celui de PTS qui regroupe notamment Matagot et Grail Games. Nous avons pu découvrir plusieurs jeux intéressants comme Apou ! jeu de pli familial que DuponT se fera un plaisir de vous développer dans son article. Nous avons aussi découvert Kouba, un jeu de baston de Look My Book dans lequel il va falloir recruter des combattants en effectuant des combinaisons sur des dés à l’instar du Yahtzee, afin de triompher de ses adversaires en leur infligeant des Kouba à chaque victoire. Un jeu familial, chaotique et nerveux avec pas mal de potentiel.
Nous avons aussi pu découvrir Alchimix et surtout Vermine, jeu de Léa Ropion et Alexis Aspecada, édité chez CTRL Zebre, éditeur nantais. C’est un jeu de deckbuilding à l’univers fort et Tournesol vous en parlera plus précisément dans son article retour. On nous également parler de Philarmonix, un jeu expert pour 1 à 4 personnes dans lequel nous allons devoir réaliser un space Opéra, littéralement un opéra de l’espace. Nous allons incarner un chef d’orchestre qui va devoir recruter des musiciens galactiques, les placer de telle ou telle façon afin de maximiser l’harmonie de l’orchestre, remplir des objectifs, se positionner pour acquérir telle ou telle partition… Un gros jeu très original et très graphique avec son pupitre en 3D pour installer ses musiciens !





Et pour finir la journée, nous avons terminé sur le stand professionnel de Iello. Un accueil au top de l’équipe et notamment Jeanne qui nous a présenter les nouveautés ainsi que les jeux à venir. Nous avons pu tester plusieurs jeu en démo, notamment Restart, un jeu de Younsu Hwang qui reprend le principe du Rummicube. Sauf qu’au lieu de poser un certain nombre de point sur la table, nous allons juste chacun son tour, poser une de ses tuiles afin de compléter une suite de nombre dans l’ordre croissant. Certaines tuiles ont des effets particulier comme pouvoir « couper » la dernière tuile posée d’une ligne, ou encore la poubelle qui permet d’enlever l’entièreté d’une ligne afin d’en débuter une nouvelle. Le but étant de vider toute ses tuiles mais si d’aventure nous ne pouvons plus en poser, la manche se termine, on compte les points restants et on démarre une nouvelle manche. Simple, accessible par tous et remodernisé avec les effets de tuiles, un bon jeu familial tradi.
Nous avons également testé le jeu complètement barré Magical Athlete (qui devrait pour la version francophone s’appeler Athlètes de compèt). Dans ce jeu de l’oie revisité à la Direction Artistique sous Ecstasy, il va falloir arriver au bout de la piste de jeu. On lance le dé, on avance et on regarde la case sur laquelle on tombe pour voir si un effet s’applique. Simple, efficace, dont l’originalité réside dans le fait que chaque joueur à un personnage au pouvoir complètement asymétrique ce qui fera qu’aucune partie ne se ressemblera. Le jeu est sorti de l’imaginaire de Richard Garfield (oui encore lui !!!) dans un registre qu’on ne lui connaissait pas du tout. Même si ce n’est pas trop notre type de jeu, nous avons passé un très bon moment !


La bilan de cette journée du mercredi était donc mitigé. D’un côté la frustration de ne pas avoir eu accès aux stands tout public pour pouvoir tester un maximum de jeu en réel dirons-nous, et de l’autre le plaisir de la proximité avec les éditeurs, auteurs et animateurs qui nous ont parlé avec passion d’un trentaine de jeux différents et à chaque fois de très bonnes rencontres !
Nous avons profité de la soirée pour passer aux Nuits du off, moments particuliers pour les auteurs en herbe afin de proposer leur prototype de jeu au grand public mais aussi aux professionnels. Nous avons ainsi pu tester le jeu Panique au pays de Hommes-Livres de Virgile Gaillard. DuponT vous en parlera plus en détail mais le jeu dispose d’un lore et d’une direction artistique géniale qu’il nous tarde de vous faire découvrir !

Jeudi nouvelle journée après une nuit très courte (les nuits du off, c’est cool mais ça coute niveau sommeil !) nous décidons d’aller tester un jeu qui fait beaucoup parler de lui dans les sphères ludiques, annoncé comme un gros blockbuster de 2026, Dewan de Yoann Levet et Johannes Goupy, illustré par Arthus Pilorget et édité par Space Cowboys. Dans ce jeu familial, nous allons devoir explorer le territoire de Dewan afin d’y implanter des camps pour résoudre des objectifs. Un peu comme dans les aventuriers du Rail, nous allons collecter des cartes territoires qui permettront de se créer un chemin vers la destination et le lieu souhaiter. Plus nous posons de camp et plus nous pouvons récupérer de tuiles histoires (qui sont des tuiles d’objectifs). C’est clairement un jeu de course et celui qui a le plus de points en fin de partie l’emporte. Les illustrations sont magnifiques et le gameplay sympa. Même si nos avis ont été divergent, Dewan est un jeu très sympa pour son côté nerveux et familial qui rappelle comme dit plus haut Aventuriers du Rail.

Puis nous bifurquons par le stand Bombyx pour y tester leur nouveauté, les secrets de Warden Keene. C’est un jeu d’enquête dans lequel nous incarnons un gardien de cimetière dans lequel un certain nombre de personnes ont été enterrées. Notre but, résoudre des énigmes relatives aux résidents de ce cimetière en débusquant des indices sur les pierres tombales des défunts. Les premières énigmes sont plutôt simples mais la complexité devient croissante et il faudra faire chauffer ses méninges pour arriver au bout des 11 énigmes proposées par le jeu. Un beau jeu coopératif de Paolo Mori et Silvano Sorrentino, illustré par Florian Belmonte.

Le temps file et avant que notre collègue Akashar nous rejoigne sur le festival, nous partons pour une partie de Fourmis, jeu nominé aux As d’or dans la catégorie Expert. Dans ce jeu de Andrea Robbiani et Renato Ciervo, illustré par Sara Valentino et Candida Corsi, et édité par Intrafin Games ; nous incarnons une colonie de fourmis qui va devoir se développer et évoluer en explorant le jardin, en collectant des ressources et en creusant sa fourmilière. Pour cela nous allons pouvoir choisir à chaque tour entre plusieurs actions afin d’optimiser nos choix. On sent une vraie montée en puissance au fur et à mesure des tours et une accélération de la tension alors que la partie s’approche de la fin. Il va falloir jongler entre la dépense de ressources pour se développer mais aussi en garder un peu pour nourrir les larves qui deviendront matures pour à nouveau effectuer des actions. Le jeu est relativement agréable même si les parties sont assez longues. On notera malheureusement quelques soucis d’édition avec des règles pas toujours très claires et certaines icones qui n’ont pas d’explication, que ce soit dans le livre de règle que dans l’aide de jeu. N’empêche, nous avons passer un bon moment de 2h30 même si la faim c’est faites ressentir à terme.
Nous profitons que le groupe soit au complet pour débuter l’après-midi avec le test de Emblèmes chez Savana. Un jeu d’Adrien Bonnard et Romaric Galonnier, illustré par Janice Perreux dans lequel il va falloir être le plus malin pour placer ses personnages aux endroits qui rapportent le plus. Nous commençons tous avec 5 cartes dans les mains et nous allons en jouer une face cachée. Chacun son tour, nous révélons notre carte et la plaçons dans un des 3 lieux qui ont des manières de scorer différentes en fonction de la place de la carte sur la ligne. Certaines cartes ont des effets immédiats, d’autres des effets de fin de manche. A la fin justement de chaque manche, nous défaussons les 3 premières cartes de chaque ligne, puis nous re piochons une carte, etc… Ce jeu fait penser à un mélange de Vaalbara et Oriflamme mais sur un rythme plus rapide.


Nous finissons la journée ensemble sur un Captain Flip de chez PlayPunk qui proposait cette année l’extension Isla Bomba. Cette dernière apporte des plateaux de jeux différents mais aussi des cartes aux trésors différentes qui vont rajouter encore plus de tension autour de la table. Nous avons profité de la version XXL pour jouer et ce fût encore une fois un très bon moment, nous avons été reçu royalement et ça fait plaisir de retrouver les animateur/trices d’une année sur l’autre ! Bref encore une belle partie pour un très bon jeu.

La soirée cependant ne faisait que commencer car qui dit jeudi soir dit cérémonie de remise des As d’Or. Cette année la soirée a été présentée par Vincent Dedienne qui pour sa dernière au sein du jury des As d’Or avait sorti tout son attirail pour tirer à balles réelles sur tous les problèmes gravitant autour du monde du jeu. Les politiques et notamment la ministre démissionnaire de la Culture en ont pris pour leur garde, de même que l’affiche du festival (d’abord faite par IA puis par un graphiste après le tollé général suscité). Pas de pitié non plus pour une partie des jeux envoyés au jury de l’As d’or pour une potentielle nomination parmi environ 500 jeux, dont certains aurait un niveau relativement douteux. Cependant la cérémonie a également eu son lot d’émotion avec une minute d’applaudissement en début de cérémonie pour le regretté Cédrick Chaboussit, auteur entre autres de Lewis et Clark et de Lueur, qui nous a quitté le 7 février et dont le monde du jeu a souhaité rendre hommage lors de cette cérémonie.

La remise des récompenses pouvait alors commencer. Dans la catégorie enfant, c’est l’île des Mookies, un jeu de Florian Sirieix, illustré par Seppyo et édité par Le Scorpion Masqué, qui a eu les faveurs du jury. Dans ce jeu, il va falloir choisir une carte afin de faire une collection pour marquer le plus de points. Une belle entrée pour comprendre le système de jeu à majorité ponctué par les magnifiques illustrations de Seppyo. Un très beau jeu à 2 joueurs dès 4 ans.

Pour la catégorie Initié, c’est Zénith, de Mathieu Roussel et Grégory GRARD, illustré par Naïade et édité par PlayPunk, qui rafle la mise. On vous l’avait déjà fait découvrir en avant-première l’année dernière au FIJ et c’est avec joie que ce très bon jeu sur le principe du tir à la corde a été récompensé. En 1 vs 1 ou 2 vs 2, il reste toujours aussi efficace avec de vrais choix tactiques à chaque tour.

Dans la catégorie Expert, c’est Civolution de Stefan Feld et illustré par Dennis Lohausen qui l’emporte. Dans ce jeu édité par Grail Games, vous incarnez une proto-divinité qui va chercher à faire développer sa civilisation de la manière la plus remarquable possible afin d’obtenir son diplôme de Divinité. Un jeu qui utilise un mécanisme de sélection de dés pour déclencher des actions sur une structure en forme d’arbre technologique et qui offre à chaque tour plus d’une vingtaine d’actions possibles aux joueurs. De quoi passer des nuits complètes dessus !

Et enfin dans la catégorie reine, c’est Toy Battle qui remporte le prix As d’Or jeu de l’année. Dans ce jeu de Alessandro Zucchini et Paolo Mori, illustré par Paul Mafayon et édité par Repos Production, vous incarnez une armée de jouets qui va chercher à remporter la victoire sur le champs de bataille en affrontant ses adversaires au sein d’un duel sans pitié. A votre tour, vous pouvez soit piocher deux troupes, soit placer une troupe sur le plateau et appliquer son effet. Le but étant de remporter le maximum de médailles ou d’occuper le quartier général adverse.

On peut noter une certaine prise de risque cette année dans la sélection des lauréats avec la récompense de Civolution, un jeu expert pur et dur pour des parties de 2-3h minimum. De même les autres lauréats sont des jeux d’opposition, à 1 contre 1 ou 2 contre 2 avec Toy Battle, Zénith et l’île des Mookies. Ce qui semblait encore utopiste de voir un jeu à 2 joueurs primé lors de cette cérémonie est finalement devenu réalité et traduit une explosion des jeux à 2 ces dernières années.
Nous aurons d’ailleurs l’occasion d’en discuter plus en détail avec Madame Nathalie Zakarian, membre du jury des As d’Or et créatrice de l’Association moi je m’en fous je triche à Lyon. Nous aurons la chance de la rencontrer pour une interview le 12 mars au sein des locaux de l’association et nous avons plus que hâte de vous faire un retour de ce moment qui s’annonce passionnant !
Ici s’achève la première partie de mon retour du FIJ 2026, la deuxième arrivera très vite. En espérant que cela vous est plus, à très vite !
DuponD
