Shakespeare – Un jeu d’acteurs et de stratégie

Faites répéter vos acteurs, fignolez leur costume, mettez en place les décors, le soir de la première est imminent, la reine sera aux premières loges, ne la décevez pas !


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Nombre de joueurs : 1 à 4

Durée : 20-25 minutes par joueur.

Auteur : RV Rival / Illustrations : A. Demaegd et Nériac

Editeur : Ystari

 


 Avec Jex-four, j’ai évité le pire, mais avec Shakespeare, on est très loin du four.

(Moi déformant Thierry Le luron déformant lui-même Alice Sapritch)

Dans Shakespeare, chaque joueur incarne le directeur d’une petite troupe de théâtre dans le Londres du 17ème siècle.  La reine choisira la troupe qui assurera la plus belle représentation, et il ne reste plus que 6 jours (6 tours) pour finaliser la représentation la plus prestigieuse qu’il soit.

Le plateau de départ : un décor vide, 2 acteurs (à gauche), un homme à tout faire et... et.... THE Queen !

Le plateau de départ : un décor vide, 2 acteurs (à gauche), un homme à tout faire et… et…. THE Queen !

Votre tâche sera donc complexe car le prestige d’une troupe peut s’acquérir de nombreuses façons, les 3 principales étant le jeu d’acteur, la beauté des costumes et la somptuosité du décor.

Jex-amine

Chaque tour commencera donc par une mise secrète du nombre d’actions que l’on veut réaliser dans le tour (entre 1 et 5), sachant que ceux qui en auront le moins joueront les premiers, et cela peut s’avérer crucial.

Puis le tour à proprement parler débute. Chacun joue une action, puis c’est au tour du voisin et ceci jusqu’à ce que chacun ait joué le nombre d’actions qu’il avait misé au début.

Pour les actions, vous pourrez :

– Recruter un nouvel acteur ou un artisan. En effet, tous les joueurs débutent avec un nombre restreint de 2 acteurs et 1 homme à tout faire, et il va être possible chaque tour d’étoffer cette troupe.

La troupe s'agrandit.

La troupe s’agrandit.

Pour les acteurs, la bonne idée du jeu est d’avoir inclus les personnages issus du monde de Shakespeare : vous pourrez donc recruter Roméo, le roi Lear, Titania et compagnie. Ils sont tous uniques et chacun a des talents particuliers qu’il faudra exploiter au mieux.

Un casting de folie, les plus grands stars internationales sont là pour vous, ce soir.

Un casting de folie, les plus grands stars internationales sont là pour vous, ce soir.

Pour les artisans, vous aurez le choix principalement entre des costumières, des décorateurs, ou des hommes à tout faire. Leur talent peut être variable, mais le salaire qu’ils demanderont sera proportionnel à leur capacité.

– Activer un personnage de votre troupe : Il s’agit de mettre au boulot un employé.

Si c’est un acteur, il ira répéter sa pièce. Il pourra ainsi faire progresser la troupe sur les pistes représentant les 3 actes de la pièce finale et accorder divers bonus, variables selon les acteurs.

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Les 3 rubans représentent les pistes de progression des 3 actes de votre pièce, chacun octroyant divers bonus.

Si c’est une couturière, elle élaborera les costumes (sous forme de jetons posés sur les acteurs), et si c’est un décorateur, il assemblera les pièces du décor. D’autres choix sont également possibles, (demander une audience à la reine, activer un orfèvre, recruter un assistant…)

En bref, c’est LA phase cruciale du jeu. Dans Shakespeare, dès le départ, les choix sont multiples, les paramètres sont nombreux, et l’ordre dans lequel on va les activer peut être crucial : En effet, la réserve d’acteurs disponibles, de pièces de costumes ou d’éléments de décors est commune : premier arrivé, premier servi ! Vaut-il mieux donc d’abord recruter ce bon acteur ? Ou bien activer la couturière pour récupérer les meilleures pièces de costume avant les autres ? etc etc…. Casse-tête ludico-jouissifs en vue !

Les décors et les costumes disposent de règles propres, obligeant le joueur à planifier soigneusement ses achats : un costume peut être assez simple et peu coûteux, ou bien prestigieux mais cher. La fabrication des décors répond à des contraintes plus exigeantes, nécessitant un minimum de planification pour ne pas gaspiller ses actions (obligation de monter en pyramide, symétrie imposée…)

Le décor se monte petit à petit.

Le décor se monte petit à petit.

Une fois les actions faites, un curseur d’ambiance propre à chaque joueur va déterminer un bonus ou un malus. Celui-ci aura été déterminé par les choix faits durant les phases d’action et par les talents de certains acteurs. Encore un paramètre à prendre en compte au cours de la phase d’action.

S’ensuit alors une phase de repos où il va falloir faire, à nouveau, des choix cruciaux : mettre au repos tous les personnages activés dans la journée sauf un. Ce qui veut dire que pour la journée du lendemain, ces personnages ne pourront pas être activés. Très bonne idée, qui oblige à présent à se modérer, car activer un grand nombre de personnage sur un tour vous place en situation délicate le tour suivant. (Vous trouviez que ça manquait de paramètres à prendre en compte ?)

En plus de ces étapes, il faudra rajouter au jour 4 et 6 une phase de répétition générale où certains de vos acteurs vont pouvoir faire progresser à nouveau votre troupe sur la piste des 3 actes et récupérer des bonus assez conséquents, voire déterminants.

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Et puis vient la fin de jeu où il va falloir payer tous les personnages engagés (Ha oui, j’ai oublié de vous dire qu’en plus de tout le reste, l’argent rentrait aussi en compte). Il aura donc fallu gérer son budget pendant toute la partie, sans quoi certains personnages claqueront la porte et terniront grandement le prestige de la troupe (malus conséquents pour chaque employé ou acteur non payé). Et enfin vient l’heure des comptes et celui qui a le plus de prestige gagne.

 

Jex-ulte, c’est Jex-traordinaire !

Comme vous l’aurez compris, Shakespeare ne s’adresse pas forcément aux débutants. Non pas qu’il soit d’une complexité extrême, il est néanmoins un cran au-dessus de productions plus accessibles comme Smallworld ou Quadropolis. Il y a pas mal de points de règles sur les différents aspects du jeu (activation, recrutement, curseur d’ambiance, financement des employés et acteurs, objectifs secrets personnels etc etc…). et on peut avoir du mal, lors de sa première partie, à avoir une vision globale de là où il faut aller pour gagner. On va recruter un peu au pif, monter un bout de décor par ci, confectionner un costume par là, sans être trop efficace et c’est lors des parties suivantes que l’on va commencer à développer une meilleur vision stratégique d’ensemble.

L’éditeur, Ystari, est coutumier de ces productions un peu plus exigeantes (l’excellentissime Caylus, ou le célèbre Agricola) qui, sans atteindre les complexités d’un Wargame, peuvent néanmoins freiner les néophytes. Par contre, pour tous les férus de jeux de stratégie, ce Shakespeare est vraiment une très bonne pioche. Les illustrations, le plateau personnel de chaque joueur, les acteurs de l’époque, tous ces éléments contribuent à une immersion plaisante. Les mécaniques sont bien rodées et les différentes voies de la victoire semblent équilibrées. La tension est bien présente lors des choix, le hasard n’a pas sa place dans la gestion, autant de critères qui sont le signe d’une grande maitrise dans la conception du jeu et d’un réel plaisir dans le déroulement des parties.

 

En bref, si vous avez déjà quelques jeux de gestion à votre actif et que vous recherchez un jeu un peu plus pointu (mais sans excès) je ne peux que vous conseiller ce Shakespeare qui est, à tout point de vue, une vraie réussite.

 

Les + Les –
Jeu de grande qualité : beaucoup de choix intéressants à faire. Pas grand chose.
Différentes voies vers la victoire bien équilibrées. Non, vraiment.
Illustrations et matériel très agréables et immersifs N’insistez pas !!
Un jeu plutôt réservé aux joueurs confirmés. (Sympa, si vous êtes confirmés) Un jeu plutôt réservé aux joueurs confirmés. (Rebutant, si vous n’êtes pas confirmés)

Trollinet

Rédacteur chez Gameovert.net

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Jeux de société 1 commentaire

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1 commentaire

  1. Grobidüch
    juin 10, 07:12 Répondre

    Au départ c’est Poupoupidon qui devait le tester, et tu confirmes son ressenti : « difficoulte » et pas du tout un jeu facile d’accès pour qui n’est pas féru. T’es féru toi hein ? Si si. En tout cas bravo, et ça en valait la peine visiblement, il aurait été très dommage de ne pas « articler » ce Shakespeare.

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